Installation – « Réduction »

24 décembre 2013 § Poster un commentaire

031-BandeauReduction

– Note d’intention // Note of intent

« Réduction » est une installation qui est le résultat d’un travail sonore et plastique de plusieurs années, à travers plusieurs résidences de création.
Un travail autour de la perception du son et de sa représentation mentale par un processus de mise en espace réduit d’un territoire réel, à travers l’activation d’un seul de nos « capteurs sensoriels » : l’ouïe.

Plusieurs étapes ont jalonnés ce travail :
. À La Casa Verde Alternativa de Porto (P) et au Musée du Bois à Revel (F) avec « Maquette à 10 % – Réduction#1 » & « Maquette à 10 % – Réduction#2 » en 2010
. À La Fabrique – Le Cube de Toulouse-Mirail pour l’exposition « Figures du Voiles » avec « Capture#1 » en 2012
. À l’Espace Croix-Baragnon de Toulouse avec « Réduction#3 » en 2013

L’installation a pris sa forme définitive avec « Réduction#3 », lors de sa présentation à l’exposition OMNI de l’Espace Croix-Baragnon à Toulouse.

Exposition // Exhibition - OMNI @ Croix-Baragnon Toulouse 2011

Exposition // Exhibition – OMNI

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– Dispositif // Device

« Réduction » est un parcours sur quatre écoutes enchaînées dans un espace fermé où le seul sens du visiteur mis en œuvre est l’ouïe. À partir d’une série de captures sonores – faites sur un parcours de 100 mètres – mises en boucles et diffusées dans un espace réduit à 10 mètres linéaires , le « promeneur » se crée une réalité dans un territoire imaginaire (issu de sa capacité à imaginer, faire image).
Le dispositif déploie quatre présentoirs blancs – hauts de 1,25 m profonds de 42 cm sur 50 cm de largeur – qui n’accueillent aucun objet. Ces présentoirs sont éclairés par un projecteur sur leur surface supérieure vide. Dans les plots sont insérés les systèmes qui jouent les boucles sonores lors du passage du « promeneur » devant. Ils sont disposés à 2,50 mètres l’un de l’autre pour former un chemin qui épouse la forme de la promenade sonore originale et restituée ainsi. Les boucles sont jouées à faible volume, et le visiteur est obligé d’approcher son oreille du support vide s’il veut écouter distinctement., les champs sonores interférant pas d’un plot à un autre.

« Réduction » interroge la faculté innée qu’à le cerveau humain pour inventer un territoire virtuel à travers sa mémoire personnelle et les processus mnémoniques mis en œuvre pour y arriver. Son habileté et sa plasticité afin d’en restituer la représentation mentale à partir d’éléments dérivés de perceptions sensorielles partielles.
Une interrogation qui ramène à la relativité et à la subjectivité de la compréhension individuelle du monde dans une perspective générale.

L’installation s’active sur mode d’emploi de déploiement fourni avec le dispositif.

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– Montages // Settings

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Bases de le recherche // Origins of this work

On appelle mémoire sensorielle la structure qui garde pendant un très court laps de temps (quelques millisecondes) l’information sensorielle, c’est-à-dire, les sons, les images, les odeurs, etc, qui nous atteint la plupart du temps inconsciemment.
L’enregistrement sensoriel est ce qui nous met en contact avec le monde extérieur. En effet, à chaque instant nous sommes exposés à une multitude de stimuli, dont pour la plupart nous ne prenons pas conscience. Cependant, même s’il est nécessaire de porter notre attention sur ces stimuli pour en saisir le sens, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas enregistrés par notre cerveau. Au contraire, toutes les informations qui atteignent nos sens sont enregistrées.

« C’est par nos sens que nous construisons notre vision du monde. Cette construction est la résultante de ce que notre mémoire a emmagasiné.
Tout ce qui entre dans notre mémoire passe par un ou plusieurs de l’un nos sens : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût, ou plusieurs de ces sens. Il n’y a pas d’autre moyen. Ce sont les portes d’accès à notre système de représentation et à la mémorisation.
En disant : tout ce qui entre dans notre mémoire, cela vaut aussi pour ce qui y entre virtuellement.
Notre cerveau sait construire une réalité imaginée et inventée. Il sait construire une mémoire virtuelle parce que nous savons mettre en œuvre nos modalités sensorielles par le biais de l’imagination.
Nous procédons aussi implicitement à une certaine sélection des informations selon notre préférence sensorielle. À noter qu’il s’agit ici de préférences et non de capacités.
Déployer une mémoire sélective est possible à plusieurs niveaux, mais c’est surtout vrai dès la première phase du processus de mémorisation : la perception sensorielle (ouïe, vue, odorat, toucher, goût).
Dans son fonctionnement le cerveau recherche du lien mnémonique pour comprendre son environnement. la mémoire sensorielle réactivée suscite le souvenir en correspondance, mais avec un petit décalage émotionnel. Nos sens sont intimement liés à la mémoire tant des émotions que des représentations. »

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